2 ans d’absence et seulement 2 jours pour d’autres
Ce mois-ci ça fait 2 ans que mes parents se sont envolés.
2 ans d’absence
2 ans de silence
2 ans de deuil
2 ans à chercher des réponses
2 ans d’émancipation totale du regard parental (héhé, le seul vrai truc cool du fait de perdre ses parents)
2 ans c’est peu et en même temps c’est long. Au bout de 2 ans on est quand même sensé avoir terminé son deuil non ? Pour être honnête, je ne sais pas si j’ai terminé le.s mien.s. D’ailleurs comment le sait-on ? Est- ce qu’on se lève le matin en se disant « ça y’est c’est bon ! » ? Sûrement.
Perdre ses parents n’est pas chose facile. Qu’on est eu de bons ou de mauvais rapports avec eux, il restent néanmoins ces piliers et repères dans notre existence. Ils sont exemple ou contre-exemple, dans tous les cas il tiennent une place particulière. Et puis qu’importe l’âge que l’on a lorsque ça arrive c’est douloureux. Alors ne nous méprenons pas, je ne me sens pas du tout orpheline car j’ai “la chance” d’avoir perdu mes parents à l’âge adulte, je n’ai plus besoin d’eux dans le sens primaire du terme, je suis complète et aboutie et je sais subvenir à mes propres besoins. Mais qu’en est-il pour les enfants qui perdre un parent ?
(ce gars parait insupportable, tu ne trouves pas ? )
Il y a quelques jours, j’ai appris le décès d’une camarade d’école, de qui, en tout honnêteté, je n’étais pas particulièrement proche. Et pourtant sa disparition m’a affecté profondément. Car comment accepter que la vie fauche une maman, une femme, une fille qui n’a même pas eu le temps de fêter ses 40 ans ?
Alors je sais que tous les jours des milliers de personnes meurent, des enfants, des adultes, des vieillards, toute la population est touchée je le sais mais l’être humain a cette particularité de vraiment conscientiser les choses que lorsque ces mêmes choses lui arrivent personnellement. Bien que l’on soit (pour certains) doter de compassion naturelle, tant que nous n’avons pas vécu l’expérience, il faut bien être honnête, ça reste abstrait et lointain.
Alors , en ce mois de juillet, je prends le temps de savourer la chance que j’ai d’être en vie, d’être entourée, aimée et d’avoir pu grandir auprès de mes 2 parents.
A toi, cette nouvelle étoile qui brille dans le ciel.
Je suis Tiphanie et depuis plusieurs mois j’écris sur 2 sujets qui me tiennent particulièrement à cœur, le deuil et l’infertilité. 2 sujets qui se sont entremêlés dans ma réalité quotidienne et qui me bouleversent profondément. Je suis plutôt pudique de nature mais depuis plusieurs jours tout me pousse à partager mon parcours, peut-être qu’il résonnera et aidera celleux qui en ont besoin.
Que la vie te soit douce,
Tiphanie